Actualités

Visions d’Eskandar à paraître aux éditions Espaces 34

 

A paraître en juin 2021

À la suite d’un malaise cardiaque dans une piscine municipale, un jour de canicule, un architecte plonge dans un coma profond, et fait une expérience de mort imminente.

Il se retrouve alors dans une ville complètement détruite du nom d’Eskandar. Il y croise d’autres personnes coincées comme lui dans cet espace intermédiaire et tente, pour sa part, de revenir à la vie.

Entre théâtre et oratorio, réel et onirisme, cette épopée théâtrale, parfois burlesque, donne à voir des visions de mondes meilleurs, dans un présent hanté par la catastrophe. Eskandar est cette ville jaillie du rêve de quelques-uns entre enthousiasme et inquiétude, un abri pour qui ne supporterait plus la société actuelle, comme une image de notre avenir possible.

Création par le Collectif Eskandar, dans une mise en scène de Samuel Gallet, avec
Caroline Gonin, Jean-Christophe Laurier, Pierre Morice, Aëla Gourvennec & Mathieu Goulin,

Comédie de Caen, du 25 au 27 mars 2019.

Tournée 2019-2020
— Centre Dramatique de Vire – Le Préau, le 2 avril
— Trident, Scène Nationale de Cherbourg, les 4 et 5 avril
— Dieppe Scène Nationale (DSN), le 19 novembre
— CDN de Rouen, les 29 et 30 novembre
— Scènes du Jura, le 3 décembre
— Tangram, Evreux-Louvier, le 7 mail (annulé)
— 11 Gilgamesh Belleville, Festival d’Avignon, juillet 2020 (annulé)

En 2021


— 11 Gilgamesh Belleville, Festival d’Avignon, juillet

Editions Espaces 34

 

Conjuration


« Pour qui l’a compris, les poèmes du début de ce livre ne sont point précisément faits en haine de ceci, ou de cela, mais pour se délivrer d’emprises. La plupart des textes qui suivent sont en quelque sorte des exorcismes par ruse. Leur raison d’être : tenir en échec les puissances environnantes du monde hostile ».

Henri Michaux

Préface à Épreuves, exorcismes 1940-1944

 

 

Conjuration

(Nom féminin)

  1. Action préparée secrètement par un groupe de personnes (contre quelqu’un ou quelque chose).

  2. Rite, formule magique pour chasser les démons, orienter des influences maléfiques.

  • Aujourd’hui le réchauffement climatique et la catastrophe écologique sont au cœur de nos préoccupations et nous peinons à imaginer un avenir autre qu’apocalyptique.

  • Comment interroger ces représentations de fin du monde?

  • Comment faire droit à d’autres imaginaires en nous?

  • Comment parler aussi de la beauté du monde, du monde animal, végétal, de la diversité des espèces et de la fragilité de nos vies?

  • Nous partons à la rencontre de nos contemporains, dans des villes et des villages, des quartiers et des forêts.

  • Nous rencontrons des lieux, des espaces, des habitants et habitantes, des architectures et des mémoires, des animaux et des écosystèmes.

  • Nous rencontrons des gens de tous les âges et de tous les horizons, enfants, adolescents, adultes, personnes âgées.

  • Comment vit-on ici et pourquoi pas ailleurs ?

  • Comment ce territoire dialogue-t-il avec le reste du monde et avec l’environnement ?

  • Comment rêve-t-on ici l’avenir ?

  • Comment peut-on retrouver des espaces communs pour construire un avenir durable ?

  • Nous lisons la presse.

  • Nous lisons des textes philosophiques, scientifiques et poétiques.

  • Nous visitons les immeubles, les édifices, les jardins, les collèges, les commerces.

  • Nous trainons sur les marchés, dans les bars et les rues.

  • Nous arrivons aussi à ne rien faire.

  • Après deux jours de rencontres et de découvertes, nous écrivons et composons les deux jours suivants des textes, fragments, récits, poèmes, songs, morceaux, chansons pour rendre compte de comment on vit ici, comment on échange, espère, rêve et invente l’avenir, quelle est la spécificité de l’environnement de ce quartier du monde et comment conjurer la catastrophe.

  • Le sixième jour nous proposons une performance dans l’urgence d’une Conjuration.

  • Si nous partons d’entretiens individuels ou collectifs, notre travail n’a pas vocation à transformer poétiquement la parole des habitant.e.s mais à écrire au cœur de l’époque, de ses représentations, de ses dénis, de ses insuffisances, de ses merveilles aussi, de son rapport au langage, au profane et au sacré.

  • Comment se dit le monde actuel ?

  • Comment se dit et donc comment se représente l’avenir ?

  • Nous nous inspirons beaucoup du travail des objectivistes américains comme Charles Reznikoff (« Témoignages »), de la magnifique anthologie « Les techniciens du Sacré » établie par Jérôme Rothenberg, de l’œuvre de Svetlana Aleksievitch ou plus récemment – dans la littérature française – des œuvres puissantes de Nathalie Quintane (« les enfants vont bien ») d’Olivia Rosenthal (« ils ne sont pour rien dans mes larmes »), de Sonia Chiambretto (« Polices! »), qui mettent en avant la méthode du montage, de l’entretien, le travail sur la prose du monde, pour rendre compte de notre époque.

  • Ces matériaux poétiques – textes – récits – poèmes – témoignages et légendes, nous serviront pour proposer à terme un spectacle comme une vaste anthologie conjuratoire.

 

Conjuration
Pour détruire le malheur une bonne fois pour toutes

Malheur
Attends encore un peu
Dans la salle d’attente de nos vies
Dans la salle d’attente de la terre
Dans la salle d’attente du cosmos
Malheur
Reste loin
Malheur
Repose-toi
Malheur
Assoupis-toi
Malheur
Détends-toi
Malheur
Ou alors
Jette toi dans un volcan Malheur
Jette-toi dans un grand feu Malheur
Jette-toi dans les étoiles Malheur
Jette-toi loin de notre ville Malheur
Suicide-toi Malheur
Tire-toi une balle malheur
Disparais dans les abysses malheur
Fais-toi écraser par des montagnes malheur
Disparais sous une avalanche malheur
Étouffe-toi malheur
Asphyxie-toi malheur
Laisse-nous un peu respirer

 

Nous conjurerons pour la saison 20/21 :

 

La bataille d’Eskandar – article d’Arnaud Maïsetti (Théâtre Public)




Article d’Arnaud Maïsetti à propos notamment de la bataille d’Eskandar :

 

« Par ce début, le théâtre de Samuel Gallet vient se placer à l’endroit exact de la déchirure. Entre le rêve et la réalité, il n’y aurait pas d’un côté, l’inefficacité, et de l’autre, l’action. Il n’y aurait pas, d’un côté, l’arbitraire et de l’autre, la raison. Il n’y aurait pas, d’un côté, l’art, et de l’autre, la politique.Si la tâche de l’écriture est de se situer dans la déchirure, c’est pour travailler en elle l’enjeu d’une reconquête. Dès lors, la fable qu’on nous racontera devient le territoire de son processus, et son drame véritable paraît peu à peu celui de son élaboration. Faire du rêve l’espace concret qui rendrait la vie possible de nouveau : faire assaut contre la réalité par le rêve qui viendrait lui donner forme et vérité. La femme a dans son rêve formé le désir du désastre qui la sauve : Eskandar détruit, un nouveau monde se lève. Celui des ruines et des dangers, des lois disparues, du chaos. Les zoos s’ouvrent : les bêtes sauvages errent dans la ville et la menacent : Des lions gigantesques ouvrent la gueule, / À travers les quartiers,/Paradent dans les rues/Avalent des humains qui s’attardent dans les zones/N’est-ce pas fabuleux?/Le monde qui s’effondrent vers autre chose,/Comme un gigantesque animal qui s’ébroue. » Le monde est rendu à une sauvagerie primitive, bestiale et sublime. On est à l’orée des temps, qui sera sans doute celui des derniers, ceux des bêtes et de la jungle. « 

Arnaud Maïsetti.

Le lyrisme des fins, ou l’horizon des événements

 

Théâtre/Public n° 237. États de la scène actuelle 2018-2019

Le dossier de ce numéro est la cinquième livraison des « États de la scène actuelle » qui reviennent tous les deux ans sur des spectacles et, plus largement, certaines pratiques qui font sens, événements ou symptômes dans l’actualité théâtrale de la période.

Le dossier s’ouvre par une rencontre avec la comédienne Valérie Dréville et se termine par une interrogation sur l’art tel qu’il se transmet, adressée à neuf artistes à la tête d’écoles supérieures de théâtre. Ce numéro comprend, en outre, un entretien avec le metteur en scène chinois Meng Jinghui.

Entretien

Rencontre avec Meng Jinghui, réalisée par Christian Biet et Wang Jing. Déplacer les questions sensibles

Entretien avec Meng Jinghui. « Très fort et très libre à l’intérieur »

Dossier

États de la scène actuelle 2018-2019. Coordonné par Olivier Neveux et Christophe Triau

Entretien avec Valérie Dréville, réalisé par Olivier Neveux et Christophe Triau. La liberté et la rigueur

Isabelle Launay, en collaboration avec Silvia Soter. Apprendre du Sud. La passion du possible selon Lia Rodrigues. Danse et mouvements citoyens

Cristina De Simone. Des lieux et du temps. Quelques notes à partir du festival Théâtre Rate

Stéphane Hervé. Résister aux voix infâmes. Sur Christoph Marthaler et quelques autres

Olivier Neveux. Crises d’identité. La Beauté du geste, conçu par Nathalie Garraud et Olivier Saccomano

Arnaud Maïsetti. Le lyrisme des fins, ou l’horizon des événements

Christophe Triau. Résurgences. Sur Kurô Tanino et Avidya, l’auberge de l’obscurité

Chloé Larmet. D’autres corps que le mien. À propos de Phia Ménard

Laure Fernandez. Incorporer/Excorporer. Autour de Se sentir vivant (2017), de Yasmine Hugonnet

Table ronde. Avec Laurent Gutmann, Nathanaël Harcq, Claire Lasne Darcueil, Catherine Marnas, Arnaud Meunier, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Frédéric Plazy, Laurent Poitrenaux réalisée par Olivier Neveux et Christophe Triau.

Miscellanées

Pascale Henry. Chroniques du ravin

Julien Gaillard. Mimésis dévoilée

Heiner Müller. Traduction Jean-Louis Besson et Jean Jourdheuil. X. Guerre des virus

Christian Biet. Conduite (théâtrale) à tenir face à l’épidémie (de 1580)

 

 

 

Toutes les informations sur ce numéro de Théâtre public ici

 

Nouvelle traduction de Communiqué n°10

Traduction 2020 en espagnol ( MEXIQUE ) par Francia Castañeda

Autres traductions :

Pièce traduite en allemand par Sylvia Berutti-Ronelt, et publiée dans la revue Scene n°14.
Mise en espace par Mathias Hannus, au Staatstheater de Karlsruhe, le 14 février 2012.


Pièce traduite en tchèque par Markéta Machacikova.


Pièce traduite en anglais pour le festival « Voices from… Des voix », partenariat du service culturel du Consulat Général de France à San Francisco et la Playwrights Foundation.
Lecture dirigée par Rob Melrose, à Z space, San Francisco en mai 2012.

Création en anglais dans une traduction et une mise en scène de Rob Melrose, The Cutting Ball Theater, San Francisco (USA), du 25 avril au 25 mai 2014.

Publication en 2015.


Pièce traduite en espagnol par Diego Milos.

Mise en voix sous la direction de Jimmy Dacarret lors des Rencontres dramatiques européennes « Encuentro de Dramaturgia Europea Contemporánea » organisées par l’Institut Français avec les instituts d’Allemagne, d’Italie, de Suisse, de Grande-Bretagne, à Santiago du Chili, 2 octobre 2015.

Dans une mégalopole à peine futuriste, cernée par des friches où se réfugient exclus et révoltés, des violences éclatent. Un jeune homme a été tué sur un parking par un vigile. Celui-ci est en fuite et le frère de la victime ne veut pas que le crime soit impuni.

Construisant la pièce comme un puzzle, Samuel Gallet livre un texte à la limite des genres : ni réaliste, ni policier, ni surnaturel ou tout cela à la fois. Ses personnages sont complexes. Ils cherchent à maîtriser les destins écrits, à agir sur leur vie sans céder au poids du passé ou aux contraintes de la société imposées par la force.

Damien, le vigile, est tout aussi perdu qu’Anne, la rebelle, ou que la bande des enfants guerriers dont les facéties dangereuses ponctuent le cours des événements (émeutes, révolte, résistance).

Comme le dit la figure énigmatique du vieil homme : « Ce ne sont pas les morts qu’il faut venger mais les vivants qui demeurent et que les morts regrettent. »

Samuel Gallet poursuit avec ce texte son exploration des êtres marginaux.

Ouvrage publié avec le soutien du Centre National du Livre.

  • Pièce lauréate des Journées des Auteurs de Lyon 2010
  • Pièce « coup de coeur » 2011 du comité de lecture du Panta Théâtre.
  • Pièce sélectionnée par la Moisson des auteurs, mai 2011, Entr’Actes-Sacd.
  • Sélectionnée par A mots découverts qui propose une lecture aux Mardis midi du Théâtre de Rond-Point, Paris, dirigée par Nathalie Demnard, le 27 juin 2011.
  • Pièce sélectionnée pour le Prix Collidram 2012 de littérature dramatique des collégiens remis en mai et pour le Prix Sony Labou Tansi des lycéens 2012 attribué à la même période.